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Interdiction des réseaux sociaux, doit-on s’y préparer?

Dans les 20 dernières années, l’utilisation des réseaux sociaux a monté en flèche chez les jeunes. Que ce soit Facebook en 2004, le smartphone en 2010 et l’arrivée fulgurante de TikTok en 2018, ces applications ont pris une énorme place dans nos vies. Mais voilà que le 10 décembre 2025, l’Australie a mis en vigueur une loi qui fait extrêmement parler.

Depuis cette date, les réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou Snapchat sont maintenant interdits aux moins de 16 ans. Suite à cette loi, ces réseaux doivent obligatoirement interdire l’accès aux mineurs qui n’ont pas l’âge légal requis. Ils doivent mettre en place des mesures de vérification fiables, comme des documents d’identité. Et même si ce n’était pas idéal pour eux avec des centaines de milliers d’utilisateurs de moins sur leurs plateformes (4,7 millions de comptes ont été désactivés en 1 mois), ils n’ont pas le choix de coopérer, car les amendes pour ces compagnies peuvent aller jusqu’à 45 millions de dollars canadiens, ce qui est énorme.

Bien que cette loi ait été un choc pour beaucoup, elle semble avoir entraîné un mouvement. En effet, la France, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Autriche, la Pologne, l’Indonésie et l’Espagne sont en train d’instaurer des limites d’âge de 15 ou 16 ans. Cela va même plus loin encore. La Commission européenne veut uniformiser ses lois pour toute l’Europe en fixant les mêmes limites d’âge pour tous les pays.

Dans le cas de la France, le texte exposait plusieurs aspects. En premier lieu, la majorité numérique est de 15 ans. Les amendes peuvent aller jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires mondial. 1 % a l’air peu, mais si on prend Facebook qui a un chiffre d’affaires mondial de 200,97 milliards de dollars, cela équivaut à 2,0097 milliards de dollars.

Les restrictions ne concernent pas seulement l’âge. Il est strictement interdit d’exposer les enfants de moins de 3 ans dans les crèches, chez les assistantes maternelles et dans les centres de loisirs aux écrans. Ces sévères lois concernant les enfants de 0 à 3 ans proviennent des inquiétudes de médecins et de statistiques assez inquiétantes. Il faut savoir que beaucoup d’images rapides et de sons forts peuvent surcharger le cerveau des enfants et les bloquer dans leur apprentissage naturel. Celui-ci devrait être fait avec des jouets et des objets réels, de sorte qu’ils apprennent les lois physiques, chose impossible avec un écran. Une étude de l’Inserm (2024) justifie encore plus cette partie du texte. Cette étude montre que les enfants de moins de 3 ans qui sont exposés à plus de 30 minutes d’écran par jour ont deux fois plus de chances d’avoir des retards de langage. Quand on y réfléchit, c’est totalement logique ! Car quand un enfant parle avec un parent, il peut se faire corriger par celui-ci ou avoir des réponses ; une vidéo, même si elle est éducative, ne lui répondra jamais et il ne saura pas converser.

Mais évidemment, à toute loi, il y a des exceptions. Les adolescents de moins de 15 ans auront toujours accès aux encyclopédies comme Wikipédia et aux répertoires éducatifs. Et comme le but de ces lois n’est pas de les couper de tout contact, ils auront toujours accès aux messageries privées.

Ne soyez pas surpris si le Canada décide d’appliquer une loi similaire. En effet, notre pays fait face à des enjeux assez similaires. Par exemple, au Canada, ¼ des jeunes déclarent avoir vécu de la cyberintimidation dans leur vie, ce qui est inquiétant. 30 % à 35 % des jeunes ont un usage intensif des écrans et 33 % des adolescents dorment moins que recommandé à cause de l’usage des médias sociaux. Ces chiffres illustrent que nous ne sommes pas à l’abri de cette nouvelle loi, qui pourrait très bientôt traverser l’océan.

Peut-être que ces mesures sont extrêmes et déplairont à beaucoup, moi comprise, mais elles ont été mises en place pour protéger les jeunes des dangers des réseaux sociaux, même si ces lois ont des failles et amèneront probablement plusieurs débats.

 

 

Bibliographie

1 : https://www.amnesty.org.au/social-media-ban-for-children-and-young-people-an-ineffective-quick-fix-that-will-not-prevent-online-harms

2 : https://www.aph.gov.au/Parliamentary_Business/Bills_Legislation/Bills_Search_Results/Result?bId=r7272

3 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049385823

4 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047799533

5 : https://investor.atmeta.com/investor-news/press-release-details/2026/Meta-Reports-Fourth-Quarter-and-Full-Year-2025-Results/default.aspx#:~:text=Costs%20and%20expenses%20%E2%80%93%20Total%20costs,and%20full%20year%202025%2C%20respectively.&text=Long%2Dterm%20debt%20%E2%80%93%20Long%2D,%25%20year%2Dover%2Dyear.

6 : https://presse.inserm.fr/ecrans-et-developpement-cognitif-de-lenfant-le-temps-dexposition-nest-pas-le-seul-facteur-a-prendre-en-compte/67438/

7 : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/230221/dq230221c-fra.htm

8 : https://www23.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/pub/5233-fra.htm

9 : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2017009/article/54857-fra.htm

10 : https://www.touteleurope.eu/societe/pourquoi-l-interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-voulue-par-la-france-est-un-casse-tete-europeen/

11 : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/digital-services-act